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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
 

English Version is Available Upon Request

Winnipeg, le 2 novembre 2026

 

Pour une alliance entre les nations autochtones, fondée sur le respect mutuel et la reconnaissance de nos droits

 

Il est grand temps que les Métis de la rivière Rouge et les Premières Nations au Canada deviennent des alliés de cause. Nos relations ne devraient pas passer par l’intermédiaire du gouvernement du Canada, mais se construire directement, de nation à nation, dans un esprit de respect mutuel, de reconnaissance et de solidarité. Le discours actuel de nos différents leaderships démontre toutefois qu’il reste du chemin à parcourir pour atteindre cet idéal.

À la lumière des propos de la Grande Cheffe Kyra Wilson, de la Cheffe nationale Cindy Woodhouse Nepinak et de la réaction du président de la Manitoba Métis Federation (MMF), David Chartrand, concernant le projet de loi C-21 et le traité moderne entre la MMF et le gouvernement du Canada, l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba souhaite affirmer sa position.

D’abord, il faut reconnaître une réalité fondamentale : les obligations historiques et constitutionnelles du Canada envers les Premières Nations, notamment celles découlant des traités, n’ont pas été pleinement respectées. Les injustices, les engagements non honorés et les responsabilités toujours en suspens exigent des efforts renouvelés et redoublés de la part du gouvernement canadien. Ces efforts ne constituent pas une faveur, mais le minimum que commande le respect envers les nations avec lesquelles le Canada a conclu des traités.

L’Union reconnaît également la justesse du premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, lorsqu’il souligne que la Loi sur les Indiens a largement dépassé sa date d’expiration. Nous devons collectivement consacrer les efforts nécessaires à son abolition et amorcer une nouvelle ère dans laquelle les Premières Nations sont reconnues et respectées comme des nations à part entière, avec leur souveraineté, leurs institutions et leur autonomie.

Dans le même esprit, l’Union tient à rappeler que la Nation métisse de la rivière Rouge est une nation autochtone, porteuse d’une histoire distincte et profondément enracinée sur ce territoire. Notre nation possède sa propre gouvernance, sa culture, ses traditions, ses institutions et son histoire politique. À ce titre, nous avons droit à la reconnaissance, à l’autonomie et à l’exercice de nos droits en tant que nation autochtone, au même titre que les autres nations reconnues par la Constitution canadienne.

Le traité moderne conclu entre le gouvernement du Canada et le gouvernement de la Manitoba Métis Federation, dont le projet de loi C-21 vise à assurer la mise en œuvre, constitue une reconnaissance de cette réalité. Il ne s’agit pas de retirer des droits aux Premières Nations, ni de les placer dans une position inférieure. Il s’agit de reconnaître le droit de la Nation métisse de la rivière Rouge à se gouverner elle-même et à exercer ses responsabilités envers ses citoyennes et citoyens.

Cela dit, le débat actuel met en lumière une autre réalité importante : la reconnaissance de nos droits par le gouvernement du Canada ne peut remplacer la reconnaissance mutuelle et les relations entre les nations autochtones elles-mêmes.

Des relations directes entre la MMF, l'Assemblée des chefs du Manitoba (AMC) et l'Assemblée des Premières Nations (APN) pourraient favoriser le dialogue, la compréhension mutuelle et l'exploration de possibilités d'ententes entre nos nations

L’Union appuie le projet de loi C-21 et la reconnaissance du gouvernement de la Nation métisse de la rivière Rouge. Toutefois, elle déplore le manque de consultation significative avec plusieurs parties prenantes et nations concernées dans le processus qui a mené à la situation actuelle. Cette lacune a contribué à créer un climat dans lequel nous assistons aujourd’hui à des batailles de reconnaissance entre nations autochtones, plutôt qu’à la construction de relations de collaboration et de solidarité.

Nous devons pouvoir défendre nos droits sans remettre en question ceux des autres. Nous devons pouvoir faire reconnaître notre autonomie sans que cela soit perçu comme une menace à celle de nos voisins. Et nous devons pouvoir aborder les injustices historiques et les obligations non respectées du Canada sans transformer nos nations en adversaires.

Il n’est pas trop tard pour nous retrouver dans une même salle. Il n’est pas trop tard pour mettre de côté, ne serait-ce qu’un instant, les déclarations publiques et les positions de confrontation afin de nous engager dans de véritables conversations. Il n’est pas trop tard pour nous connaître davantage, reconnaître nos histoires respectives et tisser des relations durables.

L’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba croit que l’avenir de nos peuples ne devrait pas se construire dans la rivalité, mais dans la reconnaissance mutuelle, la réciprocité et la solidarité. Notre force collective réside dans notre capacité à faire front commun lorsque nos droits, nos territoires, nos cultures et nos intérêts sont en jeu.

Nous avons tout à gagner à être des alliés de cause, et beaucoup à perdre à demeurer des adversaires.

 

Crystal Desrosiers, Présidente

L’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba

For more information: Richard Turenne, Executive Director, l’UNMSJM

Website: www.unmsjm.org  Media contact: Richard Turenne, 204-306-4677, direction@unmsjm.org

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